Edito du président

1985… Voilà plus de trente ans que Coluche a lancé sur les ondes… «Et j’ai une petite idée, comme ça, si des fois y a des marques qui m’entendent… Si y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu’on pourrait commencer par faire à Paris par exemple et puis qu’on étalerait après dans les grandes villes de France…».


« Malheureusement, aujourd’hui, en 2018, rien n’est réglé. Les personnes en grande précarité sont de plus en plus nombreuses… Partout ! Dans les grandes villes, on croise la misère à chaque coin de rues… Dans nos campagnes elle est plus discrète mais tout aussi présente…

Les Restos du Coeur du Cantal ont vu le jour en 1996… Sept centres de distribution se sont installés au fil des années dans des locaux prêtés par des collectivités locales, dans d’autres, certains improbables, loués à des particuliers.

Nous y avons inscrit 1 703 familles et distribué 221 196 repas pendant les campagnes d’été et d’hiver 2016-2017.

Mais nombre de personnes en grande précarité n’ont pas la possibilité des les rejoindre; pas de moyens de transport, trop grand âge… Les raisons sont multiples, alors nous avons décidé d’aller au plus près d’elles. Le succès de la création, il y a trois ans, de quatre points d’accueils dans l’arrondissement de Saint Flour (dans des espaces mis à notre disposition gratuitement un après-midi tous les 15 jours), nous a conforté dans cette voie. L’idée nous est venue de créer un centre de distribution itinérant ; permettre à celles et ceux que nous allons rencontrer d’avoir la possibilité de recevoir des produits frais, plus variés, issus des ramasses dans les grandes surfaces.

Grâce au départ à un don de 8 000€ d’une fondation, après des appels tous azimuts auprès des pouvoirs publics ou d’organismes privés, nous avons pu – au bout d’un an et demi – réunir les 15 500 € nécessaires à l’achat d’une camionnette d’occasion. Elle est en cours d’aménagement et elle sera sur la route dans les semaines à venir…

Suite aux déménagements obligés ces dernières années dans des locaux aux normes, les frais de location de certains centres ont explosé. Les difficultés à obtenir des aides plus conséquentes des collectivités locales concernées risquent de nous contraindre, à brève échéance, à des fermetures.

Les dons reçus, les subventions obtenues doivent être affectés en priorité à l’achat de nourriture, pas à la location de locaux qui doivent être obligatoirement aux normes de sécurité… dorénavant !

Le centre itinérant prendra alors la relève et se révélera sans doute la solution – à terme – pour continuer notre mission dans nos contrées défavorisées. Car ne rêvons pas… la petite idée de Coluche risque de devoir être exploitée encore longtemps ! »

Jacques Vedel